jeudi 18 février 2010

Parcours PMA

PMA? Késako? Cela signifie Procréation Médicalement Assistée.

Notre histoire commence un jour de la Saint Valentin, en 2002, cela fait déjà 8 ans!
Chéri-chéri m'a dit "OK, tu peux arrêter la pilule". J'attendais ça depuis mes 25 ans (là j'en avais 28), depuis l'obtention de mon concours (le CRPE, celui de Professeur des Ecoles). J'étais ravie.
Et là, l'attente a commencé, les calculs savants aussi.
Bon alors quand est-ce que je dois être indisposée?
Quand est-ce que je suis sensée ovuler?
J'ai du retard, une bonne nouvelle?
...etc.
Au bout d'un moment, les choses ne venant pas... je me suis mise à prendre ma température. Mais attention, c'est 7 jours sur 7, avant de poser le pied par terre, et si possible à la même heure. Du coup c'était à 6h30 tous les matins, week-end ou semaine, peu importe.
Et forcément... au bout d'un moment, c'est lassant.
Consultation gynéco au bout de quelques mois (en décembre il me semble, de mémoire). Conclusion: oui on a un souci: du coup premiers examens lancés.
- la prolactine était normale
- le spermogramme aussi
- l'hystérosalpingographie, idem (désolée pour l'orthographe de certains mots, c'est plus phonétique qu'autre chose des fois)
- les taux hormonaux, nickels également
- le test de Hünher un peu inquiétant: aucun spermato de vivant...
Notre souci? Je n'ovule pas.

Bref après une batterie de tests qui se sont enchaînés, ma gynéco a opté, pour notre cas, à nous faire faire une insémination.
A priori chez moi et chez Chéri-chéri tout va bien, et pourtant ça ne fonctionne pas. J'aurais une glaire très acide qui tuerait tous ses spermato avant qu'il ne passe le col, alors quant à aller féconder un de mes ovules... pas possible! Et cette acidité est caractéristique du fait que je n'ovule pas. Je me suis bien mise à l'eau Vichy Célestin, mais ça n'a rien fait.

Nous voilà partis dans le protocole des piqûres.
Là ça devient dur de le cacher (les piqûres doivent se faire à heure fixe, par une infirmière, et les produits sont à conserver au frigo).
On avertit nos familles respectives qui nous tannaient déjà depuis un bon moment pour qu'on mette un bébé en route, sans savoir qu'on s'escrimait à ça depuis deux ans. Ma môman l'a particulièrement mal pris. Elle a été vexée d'avoir été "écartée" de ma vie, que je ne me sois pas confiée à elle. Pourtant, mon but n'était pas du tout de la blesser. Concevoir un bébé est une affaire de couple. Cela ne regarde donc personne d'autres à la base. Maintenant j'avoue qu'elle m'a été d'un grand soutien car d'une grande écoute dans la suite de notre parcours.

Bref le 1er protocole a lamentablement échoué. Pourquoi? Parce que j'avais fait appel à une infirmière certes très avenante, mais incompétente... Nous revenions de vacances avec des amis, vacances pendant lesquelles il avait fallu que je trouve une infirmière sur place et où j'avais donc commencé mes piqûres (deux je crois), et là j'enchaînais avec une autre personne. Bien gentille elle me fait la conversation pendant qu'elle prépare la piqûre. Et puis elle m'injecte le produit, et là je constate qu'il n'en reste plus dans le flacon! Elle avait tout mis, tout injecté. 20 fois la dose du coup! Bien-sûr je l'interroge. Si je fais appel à une infirmière, c'est pas pour rien tout de même! Elle se confond en excuses. Mais bon, c'est trop tard maintenant. J'ai appelé ma gynéco le lendemain qui bien-sûr me confirme qu'il ne faut plus que je fasse quoi que ce soit, et puis on doit se voir et elle verra comment mes ovules auront évolué.
Au départ ça a boosté mon ovulation tout ça, et puis bien-sûr les ovules ne sont pas allés jusqu'à maturité, et n'ont rien donné au final.
Voilà un cycle de perdu. Et ensuite il a fallu laisser passer un autre cycle avant de pouvoir recommencer un autre protocole.

Enfin, 1ère tentative. Protocole identique, mais avec un autre cabinet d'infirmières cette fois. Je réponds bien au traitement. Le suivi est un peu lourd. Il faut, avant d'aller au travail, passer faire une échographie, tous les 2 jours ou même tous les jours quand on se rapproche du bon moment. De même qu'en parallèle il faut faire des prises de sang. C'est la combinaison des deux qui indiquent le bon moment pour faire l'insémination. Le jour J Chéri-chéri doit aller faire son "don" dans un labo privé du centre-ville. Deux heures après je m'y rends pour récupérer la "précieuse semence" et me précipite alors chez ma gynéco.
Elle opère le transfert. Je suis "inséminée". 5 minutes de repos et je repars au travail.

Cette tentative ne donnera rien, et les 2 suivantes non plus. Les tentatives 2 et 3 sont donc des échecs elles aussi. Me voilà déjà à 3 inséminations sans succès. Autant vous dire que le moral n'est pas toujours au beau fixe, et que parfois le courage fait défaut. Surtout qu'à nos âges tous nos amis créent leur famille.

A l'école, une de mes collègues est dans la même situation que moi (tout n'est pas rose pour tout le monde). Et elle elle est suivie à l'hôpital, et non chez sa/son gynéco. Elle me précise que pour chaque tentative elle a 2 inséminations coup sur coup (deux jours de suite) pour doubler les chances.
Du coup Chéri-chéri et moi nous dirigeons vers cette énooorme structure qu'est l'hôpital. Et là de nouveaux rendez-vous, de nouveaux examens, s'imposent à nous pour au final aboutir au même verdict: insémination. A l'hôpital on a droit à 4 inséminations. Ensuite si on veut en faire d'autres, elles ne sont pas remboursées par la sécu (il faut dire que ces traitements sont plus qu'onéreux!!!). Donc j'avais droit à une tentative puisque j'en avais déjà fait 3 avec ma gynéco.

5ème protocole: je réponds très bien au traitement. Trop même. Du coup ayant trop d'ovocytes, je dois prendre un médicament qui doit éviter l'hyper-ovulation, source de grosses complications de santé. Pas le droit de faire crac-crac non plus, ce serait dangereux pour ma santé. C'est très dur à entendre pour des personnes qui veulent concevoir un bébé. Savoir qu'il y a potentiellement beaucoup d'ovules, mais qu'il ne faut pas les féconder sous peine de gros risques.

4ème tentative
: cette fois ça marche. Traitement ajusté. Je suis enceinte. Ô joie!!!! Les piqûres se font là aussi à heure fixe, mais l'avantage c'est le "conditionnement". Il s'agit d'un stylo avec une capsule. On choisit la dose, et les micro aiguilles sont telles que n'importe qui est capable de s'injecter le produit. Par contre cela ne dispense pas des bleus...
J'ai normalement des cycles menstruels longs. Mais avec les protocoles tout est artificiel. Au bout de 28 jours j'ai eu la prise de sang qui m'a confirmé le fait que je sois enceinte. Simplement, au bout de 35 jours j'ai eu mes règles. Comme d'habitude en fait... Une fausse couche donc.
Avec ma gynéco je n'avais pas cette prise de sang de contrôle donc il est possible que cela ait aussi déjà marché avant. On ne le saura jamais.
Néanmoins là j'avais touché du bout des doigts ce que l'on attendait depuis longtemps. Plus dure a été la chute du coup!

Du fait de ce semi-échec l'hôpital a décidé de nous permettre une tentative supplémentaire. 5ème tentative donc. Mais celle-là n'a pas fonctionné. Nous voilà donc dirigés vers un protocole complètement (enfin pas complètement non) différent: la FIV.
A nouveau quelques examens médicaux (certains doivent dater de moins d'un an, et les procédures sont toujours longues...) puis rendez-vous chez le psy de l'hôpital obligatoire. Et avec son aval le protocole peut commencer. Un protocole long pour nous. Mise en ménopause artificielle au départ (avec tous les effets indésirables qui vont avec) puis protocole assez similaire à celui des inséminations.

Donc 1ère tentative fiv. Pour la mise en ménopause, une série de piqûres à faire jusqu'à ce qu'on ne voit plus aucun ovocyte à l'échographie. Puis on ajoute une deuxième piqûre qui elle doit favoriser la maturation de beaucoup d'ovules (mais pas trop sinon il faut tout stopper) l'ovulation.
Tentative couronnée de succès.
Petit bilan: 20 ovocytes dont 18 matures.
Avec ça 11 ont été fécondés.
3 m'ont été implantés. Aucun n'a été congelé car de qualité moyenne ils n'auraient pas supporté la congélation puis la décongélation.
Sur les 3 implantés (de qualité 2/4) 2 ont tenu.
Octobre 2006, nous attendons des jumeaux. Voilà 4 ans et demi que nous essayons d'avoir un bébé, et là ce sont 2 embryons qui grandissent en moi.

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